Passion, tourment ou espérance ? : histoire de l'apostolat des laïcs, en France, depuis Vatican II

Issu d'une thèse de doctorat en histoire religieuse, soutenue en 1999 à
l'Université de Lille III, le présent ouvrage en conserve la rigueur universitaire,
tout en étant largement remanié afin d'être accessible au grand public. Le
sérieux de la recherche est garanti par un appareil critique étoffé et précis.
L'utilisation de sources totalement inédites bouleverse l'approche qui avait
prévalu jusqu'alors pour l'étude de la période qui s'est écoulée depuis le
concile Vatican II.
Fréquemment développée, la thèse relative aux orientations de l'Eglise de
France au cours du XX<sup>e</sup> siècle, à propos des mouvements de l'Apostolat des
laïcs, est celle d'un choix en faveur de l'Action catholique. L'«option» définie,
en 1967, par l'épiscopat confirme cette perspective. Bien souvent, elle a été
traduite en priorité, au détriment d'autres réalités ecclésiales. En 1975, la fin
du mandat accordé par les évêques aux mouvements d'Action catholique
aurait mis un terme à cette hégémonie.
La réalité est finalement tout autre. Les privilèges pour soutenir cette politique
demeurent jusqu'à aujourd'hui dans des domaines variés, notamment
par la nomination d'aumôniers ou l'attribution de subventions et de locaux.
De la part de l'épiscopat, ce soutien quasi exclusif à ces mouvements, devenus
numériquement faibles, souvent critiques à l'égard de l'Eglise catholique
et davantage préoccupés, selon la formule de Jacques Maritain, par «l'agenouillement
devant le monde» que par l'évangélisation, étonne. En revanche,
en dehors des instances ecclésiales officielles, jaillissent de nombreuses initiatives
qui, sans complexe, oeuvrent dans la perspective d'une annonce explicite
de la foi et se rallient avec enthousiasme aux appels venus de Rome, au magistère
de l'Eglise et à l'enseignement pontifical. Parfois limité pour ses effectifs,
ce renouvellement actuel témoigne néanmoins, à l'évidence, d'un apport qualitatif
réel depuis un quart de siècle.