L'architecture de la reconstruction

Caen, Gien, Dunkerque, Royan,
Lorient, Brest, Beauvais ou le havre,
Saint-Lô, Saint-Malo, mais aussi
Nantes ou Toulon... Au lendemain
de la seconde guerre mondiale, la
France ne compte plus ses villes
martyres. On ne pouvait condamner
leur population à vivre plus longtemps
dans les planches ; il fallut
les relever dans l'urgence. Tiraillée
entre régionalisme et modernité,
cette architecture de la nécessité,
longtemps méprisée, brille par sa
cohérence et son idéal d'harmonie.
Elle porte à son apogée la maîtrise
du béton armé : peu ou point de décor,
mais une composition raffinée des
façades, l'ampleur et la luminosité
des espaces intérieurs...
Docteur en histoire de l'art, auteur
de nombreux ouvrages dont les monographies
du petit-palais et de la
Gare d'Orsay (Ed. Nicolas Chaudun),
Gilles Plum relate l'aventure avec
conviction. Rarement peuple ne
s'est montré si déterminé, si uni dans
l'effort, si convaincu d'accomplir
un progrès. En dix petites années,
l'essentiel était fait.