Action missionnaire en Guinée équatoriale : 1858-1910. Vol. 1. Mémoire et naïveté de l'Empire

Action missionnaire en Guinée Équatoriale, 1858-1910
Mémoire et naïveté de l'Empire
Tome I
La Guinée Équatoriale fut espagnole : elle a été le fruit d'un échange de possessions coloniales américaines et africaines entre l'Espagne et le Portugal en 1777. L'Espagne a ainsi réussi à mettre le pied en Afrique centrale grâce aux îles de Fernando Póo, Corisco et Annobon, plus quelques « territoires continentaux adjacents » qui restaient à définir. Mais la prise de possession effective de ces terres lui fut très compliquée, et au début du XIX<sup>e</sup> siècle, des sujets britanniques provenant majoritairement de Sierra Leone, l'ont devancée en installant sur l'île de Fernando Póo une sorte de colonie de traite légale, l'incorporant dans le conglomérat commercial anglo-saxon. En 1858, le commerce des esclaves était déjà interdit, et s'imposait alors l'idée de la « civilisation des indigènes ». Un concept séduisant pour cette Espagne orgueilleuse et fière d'avoir colonisé à l'aide de la croix et de l'épée presque toute l'Amérique mais qui était en train d'en perdre le bénéfice. Celui-ci la conduit à reprendre en main sa colonisation en Guinée en mettant en place progressivement une nouvelle alliance qui se conclut une fois de plus entre l'État espagnol et l'Eglise.