Garin le Lorrain

Garin le Lorrain appartient à l'une de nos plus anciennes chansons de geste. Il a pour point de départ la rivalité qui éclate, à propos de Blanchefleur, fille du roi de Maurienne, entre Garin, le Lorrain, et Fromont, le Bordelais. Jamais l'indépendance des chevaliers n'y aura été aussi fièrement affirmée. Leur langage est rude, et aucun respect ne leur interdit de parler d'égal à égal, parfois même brutalement, à leur roi. Quel que soit leur camp, tous sont habités par la même envie de se battre. On ne compte pas les guerres qui se succèdent malgré les trêves, ni les incendies qui ravagent la France, des Landes à la Lorraine, de Lyon à Cambrai. Certaines scènes tiennent le lecteur en haleine comme le duel entre Bégon et Isoré, ou la poursuite effrénée du monstrueux sanglier. Le récit est très imagé : <<comme approcher="" bois="" chemine="" coule="" couvert...="" dans="" les="" loup="" pour="" sans="" se="" un=""/>> Au milieu de la violence de cette grande et magnifique épopée, il y a des trouvailles de délicatesse et de tendresse. Les femmes sont toujours présentes et ont souvent un rôle important. Béatrice et Aélis, sa soeur, ressemblent à <<des au="" de="" matinal="" roses="" soleil=""/>>. A aucun moment Paul Tuffrau ne trahit le texte médiéval, mais il l'adapte avec une maîtrise et un talent éprouvé et sait en faire sentir à la fois la rudesse, le charme et la poésie.