La chambre de Snefrou : analyse architecturale de la pyramide rhomboïdale

Depuis la construction du complexe funéraire de Djoser sous la III<sup>e</sup> dynastie
(vers 2600 av. J.-C.), les Égyptiens ont bâti à grande échelle, en maçonnerie de
pierre de taille, selon un procédé qui se caractérise par l'assemblage de blocs
équarris disposés en assises horizontales. La technique se perfectionne au fil des
siècles pour atteindre son apogée avec la pyramide de Kheops, à la IV<sup>e</sup> dynastie.
Sous le règne de son père, Snefrou, à qui l'on attribue la construction de trois
pyramides (une à Meïdoum et deux à Dahchour), l'architecture des pyramides
se développe si rapidement qu'en quelques ouvrages seulement les portées des
chambres sont triplées. Or, c'est précisément l'observation de ce type de variations
qui permet de situer certaines réalisations au fil d'une progression cohérente.
Ainsi, l'évolution flagrante des structures a conduit les auteurs à reconsidérer
l'ordre des chantiers de Snefrou et la pyramide dans laquelle il a été inhumé. La
pyramide de Dahchour-Sud étant au coeur du problème, il a fallu approfondir
le sujet en poussant les raisonnements jusqu'aux ultimes déductions.
Dans cet ouvrage, la progression du discours conjugue trois volets. Le premier
rassemble des généralités disponibles, soumises au crible des analystes : de
la simple confrontation de données techniques irréfutables résultent d'importants
constats, qui viennent bousculer la chronologie et les interprétations qui
ont été faites de ces édifices. Le deuxième est entièrement consacré au volume
de la superstructure du tétraèdre de Snefrou, aux phases successives de sa réalisation
et aux aléas d'une construction hétérodoxe. Enfin, le dernier, le plus significatif,
est dévolu à l'examen des aménagements intérieurs de la pyramide et aux
circulations qui les relient.
Pour l'heure, la conviction de Gilles Dormion et de Jean-Yves Verd'hurt
est réaffirmée dans leur conclusion : l'analyse architecturale de la pyramide
rhomboïdale a notamment mis en évidence l'existence de deux projets successifs,
avec la réalisation d'antichambres monumentales et la présence d'une
chambre funéraire jusqu'ici inconnue, confirmée par des mesures physiques.
Cette enquête, conduite de façon exemplaire et illustrée de multiples plans
architecturaux, ne méritait pas de demeurer confinée à la lecture d'un cénacle
restreint. Bien au contraire, cet ouvrage intéressera autant le curieux, l'amateur
que l'archéologue de terrain.