Production(s) du populaire : colloque international de Limoges (14-16 mai 2002)

Les différentes positions adoptées par la critique académique
dans ses tentatives pour appréhender la catégorie de «populaire» se sont
essentiellement déployées, depuis les années 80, sur le versant des études
de réception, ce qui explique probablement l'intérêt très limité accordé
simultanément aux processus de production. Beaucoup reste donc à dire
et à théoriser pour éclairer les liens entre l'expansion des industries
culturelles et la production des fictions massmédiatiques / populaires.
C'est dans cet esprit et dans une optique résolument pluridisciplinaire
que le Centre de Recherches sur les Littératures Populaires et les
Cultures Médiatiques de l'Université de Limoges a décidé de consacrer à
ce vaste chantier son sixième colloque international (14-16 mai 2002),
dont ce volume rassemble les Actes.
De nombreuses contributions s'interrogent en conséquence sur
l'articulation des régimes de production et des contraintes industrielles,
sur l'influence qu'exercent à tous niveaux la standardisation des produits,
leur internationalisation, l'intervention des commanditaires (éditeurs,
diffuseurs-distributeurs...) et des médiateurs, ou encore l'ajustement aux
évolutions des marchés.
La figure de l'auteur et ses mutations, depuis l'invention du
roman-feuilleton jusqu'à l'ère d'internet, constitue un autre objet
d'attention. L'instauration de la division du travail d'écriture, voire de la
pratique des «nègres», comme la complexification croissante des
processus de production des fictions cinématographiques ou télévisuelles
(où interviennent diverses catégories de spécialistes et de techniciens),
ont en effet radicalement modifié les mécanismes d'imputation d'une
oeuvre.
Par ses études de cas éclairantes, le présent volume devrait en
tout cas invalider l'opposition factice entre une «création» authentique et
une «production industrielle» destinée au grand public, et permettre du
même coup de mieux saisir la part objective de renouvellements et
d'innovations que suppose continûment la culture médiatique.