La solitude absolue : choix de poèmes

Dans l'univers poétique de Kim, tout disparaît, les êtres
et les choses qu'il voulait garder auprès de lui, Dieu qu'il
recherchait et croyait un moment avoir trouvé et, enfin,
lui-même qui s'illusionnait sur la perennité de son propre
être, prenant conscience de sa solitude, c'est-à-dire de
la survie de celui-ci seul après la disparition de tout autre.
On imagine, avec le poète qui anticipe sa propre disparition,
un calme et un silence s'étendant sans borne, et où
tout disparaît, le grand tout qui s'érige enfin en un Dieu :
c'est un Dieu impassible, un Dieu qui ne manifeste ni
sentiment ni émotion ni trouble envers les affaires d'ici-bas,
qui n'en parle ni n'en juge non plus, qui n'est qu'un
silence infini, qu'un calme infini et qui finalement rend
vains tous nos efforts, toutes nos actions et oeuvres, et
toutes nos joies et tristesses.