Les gueux de la république : récit

«Une des conséquences du surendettement
est de détruire à petit feu ses victimes, altérant
irrémédiablement tant leur moral que leur physique,
entraînant des pathologies lourdes, le recours
à des solutions extrêmes, l'isolement et
la marginalisation. Ces naufragés, ces laissés
pour compte s'accrochent comme ils peuvent
à la vie, surconsomment les mixtions magiques
de tranquillisants, somnifères et antidépresseurs,
contribuant ainsi au trou de la Sécurité sociale,
tout en détruisant inconsciemment leur santé.»
Il y a la misère dont on hérite -qui nous poursuit toute
notre vie-, et celle dans laquelle on tombe, après un
accident de la vie -chômage, divorce, maladie- aspiré par
l'engrenage infernal des crédits toxiques.
Dans notre pays, cette véritable pandémie touche plusieurs
millions de citoyens. Le nombre de ces nouveaux
exclus ne cesse de croître, avec chaque année près de cent
quatre-vingt mille cas supplémentaires, et les dommages
collatéraux sont considérables, puisque des familles entières
sont ruinées, marginalisées, détruites. Les Gueux de la
République , récit sans fard -non dénué d'humour- de dix
années d'un parcours kafkaïen, leur est dédié.