Le drogman Padery, émissaire de France en Perse (1719-1725)

Le drogman Padery, émissaire de France en Perse (1719-1725)

Le drogman Padery, émissaire de France en Perse (1719-1725)
Éditeur: Geuthner
2005318 pagesISBN 9782705337650
Format: BrochéLangue : Français

La présente monographie retrace la carrière mouvementée du

drogman (interprète) Etienne Padery, initialement missionné, en 1714,

par l'ambassadeur de France à Constantinople pour accompagner

un envoyé persan à la cour de Louis XIV. Après moult péripéties, cet

ambassadeur, Mohammad Rezâ Beg, fut reçu en grand apparat

à Versailles (19 février 1715). Un nouveau traité franco-persan,

modifiant celui de 1708, avec des "provisions" plus favorables au

commerce français fut signé le 13 août 1715. Louis XIV mourut peu

après, le 1er septembre. C'est donc au début de la Régence que Padery

fut chargé d'escorter l'encombrant Mohammad Rezâ Beg pour son

retour en Perse, via la Russie. Mais après un voyage pénible, il quitta

l'ambassadeur à Copenhague et rentra à Paris où il oeuvra pour obtenir

une mission en Perse.

Une mission officielle, chargée d'obtenir la ratification du nouveau

traité par la cour de Perse fut confiée à Ange de Gardane, qui s'embarqua

à Marseille avec son frère François (mars 1716). De son côté, Padery

s'efforçait de discréditer Gardane, qu'il jugeait incompétent, et briguait

une mission en Perse afin de reprendre le projet d'alliance franco-persane

pour la conquête de Mascate, ce qui aurait dû assurer la prépondérance

du commerce français en Perse. Soutenu par le financier John Law

- fondateur de la Compagnie perpétuelle des Indes (1719-1769) - et par

le cardinal Dubois, Padery obtint du Régent une mission "secrète".

La France était dès lors représentée en Perse par deux envoyés

rivaux : Ange de Gardane, consul de France à Ispahan, et Padery,

consul à Chiraz, placé sous ses ordres. C'est finalement Padery qui

obtint, en 1722, la ratification du traité au moment où les Afghans

envahissaient la Perse et mettaient un terme à la dynastie des

Safavides, ce qui rendit immédiatement caduc ce nouveau traité.

Les incessantes querelles des deux hommes donnèrent lieu à une

abondante correspondance avec leurs supérieurs, ainsi qu'à la rédaction

du "Compte au Roy" que Padery adressa à la cour de France dès son

retour. Ces documents, conservés dans les archives diplomatiques

françaises, donnent une image très vivante du caractère particulièrement

complexe et ambigu de la diplomatie française de l'époque.

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