Si le végétal avait une âme

Ce drame dialogué s'inspire des rapports de
l'Homme avec le végétal, de leurs bienfaits réciproques
comme de leurs nuisances mutuelles étant entendu qu'il
y a à déplorer, face à l'arrogante domination du premier,
le mutisme congénital du second. Un mutisme qui est ici
conjuré par la vertu de l'imaginaire poétique. À travers
une langue à la syntaxe impeccable et à la rhétorique
toute emplie d'un charme classique nous sont montrés
les fâcheux effets qu'engendre la primauté du béton sur
les clôtures vives et le gazon, de l'insupportable hurlement
des tronçonneuses sur le gai refrain de la scie. Et
c'est ainsi que l'absence d'un contact régulier entre l'humanité
et l'arbre entraîne une certaine dégénérescence
préjudiciable à tous les deux. Ce texte, qui est une
manière d'apologue, est aussi une sorte de prosopopée
plurielle et à voix multiples de la Nature.