Dans l'hiver des villes

La Ménagerie de verre, Un tramway nommé Désir, La Chatte
sur un toit brûlant... Tout le monde connaît l'oeuvre de dramaturge
de Tennessee Williams, lyrique, exaltée, adaptée au grand écran
avec la postérité que l'on sait. Pourtant, en privé, l'homme
se définissait avant tout comme un poète, un poète inspiré
de la lecture de Keats, Shakespeare, Rilke et Rimbaud. Lorsqu'il
publia Dans l'hiver des villes , en 1956, sa célébrité en tant qu'auteur
dramatique était déjà telle qu'elle ne pouvait qu'éclipser
son oeuvre poétique.
Aujourd'hui, trente ans après sa mort, on comprend combien
sa poésie abreuve tout son travail d'écriture, destiné ou non à être
mis en scène. On y reconnaît l'intensité de son expression,
son sentiment de solitude, sa compassion. Mais, contrairement
à son théâtre qui se voulait exempt de toute thématique
ouvertement homosexuelle, son travail poétique lui offre la
possibilité de tomber le masque, de faire le récit de ses expériences
avec les hommes ou de dire son amour pour Frank Merlo,
son compagnon de longue date.
Publié en français en 1960 dans une édition très parcellaire, Dans
l'hiver des villes reparaît enfin dans sa version intégrale, avec une
nouvelle traduction, comme restauré à neuf, étincelant de beauté.