La descente d'Orphée aux enfers : tragédie : 1640

Créée en 1639 à l'Hôtel de Bourgogne, l'un des deux
grands théâtres publics parisiens de l'époque,
jamais rééditée depuis le XVII<sup>e</sup> siècle, La Descente
d'Orphée aux enfers de Chapoton remporta un vif succès,
confirmé par la représentation d'une version remaniée
en 1647 puis en 1662, toujours à Paris. Mais cette oeuvre
mythologique, qui s'apparente à la tragédie à machines,
a connu le sort de ce genre dramatique : à l'exception
notable des pièces à grand spectacle de Pierre Corneille
( Andromède, La Conquête de la Toison d'or ) ou de Molière
( Amphitryon, Dom Juan, Psyché ), qui ont gardé ou
retrouvé les faveurs de la critique, des metteurs en scène et
du public, ce genre a longtemps été délaissé, voire totalement
ignoré, au profit de la tragédie unie rationnelle, à côté
de laquelle pourtant il s'épanouit tout au long du siècle.
Si Chapoton reste un auteur mineur, La Descente
d'Orphée aux enfers témoigne, plus que bien
d'autres oeuvres du même genre, d'une évolution de la
scénographie de plus en plus adaptée aux techniques de
l'illusion théâtrale ; outre son intérêt propre, qui doit
être aussi mesuré à l'aune du devenir de la tragédie
mythologique contemporaine, elle mérite à ce titre une
attention particulière.
La présente édition entend ainsi contribuer aux
travaux qui, depuis vingt-cinq ans, ont réhabilité la
tragédie à machines au sein de la production dramatique
du Grand Siècle, c'est-à-dire cherché à éclairer d'un jour
plus nuancé l'esthétique théâtrale du XVII<sup>e</sup> siècle dans
son ensemble.