La ville creuse pour un urbanisme durable : nouvel agencement des circulations et des lieux

Ni compacte ni dispersée, la ville creuse , imaginée ici, se construit
au seul voisinage d'une boucle de tramway doublée d'une rocade
routière protégée. Elle dessine ainsi un chapelet de quartiers mixtes et
conviviaux autour d'un grand creux de verdure. Puis elle peut croître
sans perdre ses atouts en ajoutant de nouvelles boucles.
Le chiffrage de ses formes et flux révèle les qualités étonnantes liées
à ses trois principes : densités contrastées, généreuses et attractives ;
proximités favorables à la marche et au vélo ; circulations motorisées
des biens et des personnes consommant très peu d'énergie, d'espace et
de revenus... Pour garantir à tous un accès «durable» à tous les lieux
fréquentés d'une «vraie» ville ; pour assainir son marché foncier et
celui de l'emploi ; et bien d'autres bonnes choses !
Parce qu'elle se gère avec facilité, qu'elle croît en prenant soin du
milieu naturel et qu'elle «enrichit chacun de ce dont il n'a plus besoin
quand il l'habite», la ville creuse peut se voir comme la composante
matérielle d'une ville «durable» ou «soutenable». Nuls verrous
techniques ou économiques. Sa faisabilité suppose surtout une gestion
cohérente et globale des sols, que pourraient induire en partie l'outil
fiscal et la conception sobre des infrastructures qui les valorisent.
Solution ouverte sur bien des thèmes, la ville creuse voudrait nous
laisser un sentiment de liberté et d'espoir face à l'amoncellement
déprimant des défis majeurs, locaux ou globaux. Elle nous invite à
inventer, à dessiner, à nous organiser aux bonnes échelles... Afin qu'il
soit toujours possible de nous trouver «un creux où installer nos vies».
Marc Wiel explique en postface ce qui lui paraît innovant ou difficile
dans les principes de la ville creuse , et rappelle l'utilité d'une telle
approche pour le débat nécessaire sur l'urbanisme de demain.