Mouvement social (Le), n° 252. Race et citoyenneté : une perspective américaine (fin XVIIIe-XIXe siècles)

Mouvement social (Le), n° 252. Race et citoyenneté : une perspective américaine (fin XVIIIe-XIXe siècles)

Mouvement social (Le), n° 252. Race et citoyenneté : une perspective américaine (fin XVIIIe-XIXe siècles)
Éditeur: La Découverte
2015228 pagesISBN 9782707186744
Format: BrochéLangue : Français

Ce numéro spécial propose une réflexion originale

sur les relations entre «race» et «citoyenneté» aux

Amériques. Comment l'espace sociopolitique

américain s'organise-t-il ? Construit, du Sud au

Nord, sur la base de principes constitutionnels libéraux ou républicains d'un

ordre social où les hiérarchies de race et de couleur perdurent, il est aussi

ébranlé par l'action des groupes de couleur en faveur de l'égalité. Comment

la question de la citoyenneté et de l'égalité civile se pose-t-elle à partir de la

«race», c'est-à-dire en relation avec le principe de transmission généalogique

de la dignité et de l'indignité à travers les corps ?

L'espace considéré englobe aussi bien les États-Unis et les Antilles françaises

que l'Amérique hispanique et le Brésil, au cours d'une période qui couvre

le moment révolutionnaire et les décennies post-révolutionnaires. Ce choix

permet d'envisager la mise en application, ou non, des changements constitutionnels.

Le moment post-révolutionnaire s'offre comme un laboratoire

où s'élabore l'identité des nouveaux citoyens, émancipés par la Révolution :

esclaves libérés par le service des armes ou les abolitions, immédiates ou

graduelles ; libres de couleur devenus citoyens ; Indiens d'Amérique latine

obtenant, dans l'ordre constitutionnel, l'égalité civile et politique.

La question de la race et de la couleur est posée dans l'horizon d'une égalité

en construction sur le plan juridique et politique, et non en rapport avec la

condition servile ou les hiérarchies qu'elle porte. Il s'agit d'éprouver l'hypothèse

que la race et la couleur ont été des tests fondamentaux des révolutions

républicaines et libérales. Il s'agit aussi de voir comment les minorités ont

utilisé la constitution et la loi nouvelle comme autant de ressources pour

revendiquer leur intégration politique et sociale.

L'ambition du dossier consiste à rapprocher les expériences historiques des

différentes «aires culturelles», à pluraliser la notion de révolution et à réintégrer

certains espaces, acteurs et expériences oubliés au coeur de l'histoire de la

construction des systèmes démocratiques modernes.

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