La fonction du lecteur dans le Labyrinthe du monde de Marguerite Yourcenar

La Fonction du lecteur est, en apparence, négligeable dans le
triptyque Le Labyrinthe du Monde de Marguerite Yourcenar. C'est
pourquoi cette oeuvre est souvent classée parmi les autobiographies,
ces dernières s'attachent beaucoup moins à la question de la réception
lectorale que les oeuvres romanesques.
Toutefois, une réflexion sur la lecture apporte ici un éclairage
inattendu : elle permet de dévoiler la culture quasi encyclopédique
(littéraire, philosophique, artistique, historique) et les habitudes
(religieuse, culinaire, vestimentaire), partagées par l'auteur et le lecteur,
d'observer les interprétations des archives et la vision historique
de l'auteur en position de lecteur, et de reconsidérer la question de
l'appartenance générique à travers la réception et la (re)définition de
plusieurs genres.
Tout au long de cette démarche, la trilogie se dirige enfin vers un
nouveau genre, «l'histobiographie», en particulier dans le rapprochement
avec les écoles historiques contemporaines. La nouvelle définition,
fait ressortir définitivement l'originalité du projet yourcenarien :
former (ou construire) dans le champ littéraire une zone inter-générique
où se croisent autobiographie, biographie, ethnographie, micro-histoire,
anthropologie... Finalement, on peut remarquer que ce genre
hybride n'est rien d'autre que le besoin de M. Yourcenar de représenter
tout le réseau indissociable de l'humain.