L'animal sauvage entre nuisance et patrimoine : France, XVIe-XXIe siècles

Dans un contexte social et médiatique largement ouvert sur les
thématiques et problématiques environnementales, l'animal sauvage
s'invite dans les débats humains. Objet de discussions passionnées de la
part des scientifiques, des naturalistes et des écologues professionnels
aussi bien qu'amateurs, il a désormais acquis droit de cité dans les
travaux des sciences humaines et sociales.
Dans leur diversité, les animaux non domestiques ont parfois été
redoutés ou chassés pour procurer des ressources indispensables à la
vie humaine. L'ère contemporaine a commencé à brouiller les frontières
que l'on croyait solidement établies entre différents statuts accordés
aux animaux : certaines espèces sont désormais considérées comme
victimes de l'action humaine dans un contexte d'inquiétude grandissante
face aux dégradations réelles ou supposées commises par les hommes
à l'encontre des écosystèmes. Des animaux emblématiques, tels l'ours
et le loup, font l'objet de mesures de protection ou de restauration, le
brouillage des frontières entre nature et culture, domestique et sauvage,
étant illustré par l'artificialisation d'espaces et d'espèces que l'on voudrait
maintenir «sauvages».
Les études de cas rassemblées dans le présent ouvrage s'interrogent sur
la place de l'animal en France : cadre d'enquête volontairement restreint,
mais qui permet cependant un vaste questionnement interdisciplinaire,
balayant différents espaces (littoraux, montagnards, mais aussi urbains),
sur une durée longue.