Nascituri te salutant ! : la crise de conscience bioéthique

Loin de chercher à concilier la science et l'éthique, les lois de
bioéthique les opposent dans une lutte stérile où le vainqueur est
désigné d'avance : c'est la science. En arbitrant systématiquement
en faveur de la science au détriment de l'éthique, la loi dessert les
deux à la fois. En libérant la science de la contrainte éthique, la loi
la trompe, l'oblige à renier son objet qui est le réel, la rend moins
ardente pour composer avec l'irréductible. Ainsi, le problème de
l'embryon est-il le plus souvent mal posé. Les embryons sont des
nascituri , c'est-à-dire : ceux qui vont naître, ceux qui s'apprêtent
à naître, ceux qui ne peuvent pas ne pas naître. Ce participe futur
n'est ni de droite ni de gauche, il n'est ni religieux ni idéologue, ni
dogmatique ni libertaire.
L'opinion publique, qui s'est exprimée librement aux États généraux de
la bioéthique, comprend que le progrès ne doit rien à la transgression :
la découverte de la reprogrammation cellulaire le prouve. C'est
cette découverte qui semble porteuse d'avancées pour une médecine
régénérative responsable et non l'utilisation des cellules embryonnaires.
Pourquoi la France traînerait-elle les pieds ?