Michelangelo Antonioni : anthropologue de formes urbaines

De l'Italie à la Chine, de Londres à Los Angeles, Michelangelo Antonioni a toujours
filmé des villes et à travers elles, sa ville natale Ferrare. Des rues romaines désertes
que les employés municipaux de N.U. balaient au petit matin jusqu'à la maquette de
la cité du futur que les architectes de Zabriskie Point rêvent de faire naître au milieu
du désert, l'espace urbain s'affirme. Le centenaire de la naissance du cinéaste a été
l'occasion de revenir sur une oeuvre au travers de laquelle il n'a cessé de s'interroger
sur l'homme et son rapport à l'espace, son devenir dans un tissu relationnel de plus
en plus complexe.
Questionner les formes que prend l'urbanité dans les films de Michelangelo Antonioni,
c'est se demander en quoi les image si singulières créées ou captées par le regard
du cinéaste supposent et engagent un geste et une vision qu'on pourrait qualifier
d'anthropologiques.
Fruit d'un travail mené par des chercheurs italiens et français provenant d'horizons
disciplinaires distincts (cinéastes, philosophes, spécialistes du cinéma, architectes-urbanistes,
anthropologues), ce premier numéro de la collection Théories et Pratiques
du Cinéma entend contribuer au nécessaire décloisonnement des appréhensions
«scientifiques» du monde.