La justice m'a tuer...

La justice m'a tue(r), c'est ainsi que pourraient s'exprimer
d'une seule voix les accusés innocents d'outreau, et
en même temps qu'eux le choeur immense de tous les
innocents bafoués par une justice machinale au sens
propre du terme. Une justice-machine dont les rouages
s'emballent, une justice-machine devenue infernale dès
lors qu'elle s'est déshumanisée.
Que s'est-il réellement passé à outreau ?
Jean-Marie Viala met en lumière le fonctionnement
incongru du pouvoir judiciaire en France en commençant
par l'absence totale de pouvoir des avocats au cours
d'une enquête judiciaire, le «no man's land» que
constitue la garde à vue, l'inexistence des droits de
la défense. Jean Marie Viala en appelle à une «vraie
réforme» qui n'aurait «rien à voir avec le système
anglo-saxon». Chacun d'entre nous aimerait en effet
comprendre pourquoi et comment un magistrat a pu
ainsi s'acharner sur 14 innocents, pourquoi et comment
des accusations ont pu être prises à la lettre, pourquoi
et comment a pu s'échafauder et être prise au sérieux
sans preuve aucune une thèse invraisemblable sur un
réseau pédophile. Comment la justice en France est-elle
devenue cette «grande muette» qui reste sur son
quant à soi et s'ancre dans une intime conviction !