Design & crime

Compte-rendu polémique des rapports
incestueux qu'entretiennent la culture et le
capitalisme contemporains, cet ouvrage s'intéresse
plus particulièrement aux évolutions
récentes du statut culturel du design et de l'architecture,
ainsi que de l'art et de la critique,
en Occident. Avec l'avènement de l'économie
post-fordiste, de ses produits ciblés et de ses
marchés de niche, nous vivons dans un circuit
sans fin de production et de consommation.
Dans ce nouvel ordre des choses, l'étalage ou
l'exposition (display) joue un rôle essentiel,
ainsi que le design et l'architecture.
Certaines des idées de la culture critique ont
en revanche perdu de leur force et de leur
substance. À tel point qu'on peut se demander
si le «sujet construit» du postmodernisme
n'est pas devenu le «sujet designé » du consumérisme.
Et si le champ étendu de l'art de
l'après-guerre ne s'est pas transformé en
espace administré du design contemporain.
S'attacher à montrer le lien entre les formes
culturelles et discursives, d'une part, et les forces
sociales et technologiques, de l'autre - et
les périodiser afin de souligner les singularités
d'ordre politique propres au monde d'aujourd'hui
- est la principale ambition de ce livre.
Mais au-delà des possibilités critiques du temps
présent, c'est bien «une insatiable prédilection
pour l'alternative» qu'il s'agit de promouvoir.