Agriculture dépendante et agriculture durable : la PAC et les plateaux du sud-est du Bassin parisien

Les plateaux du sud-est du Bassin parisien représentent un espace
agro-exportateur en grande culture dont la dépendance par rapport à
des conditions économiques, politiques et administratives extérieures est
devenue beaucoup plus visible depuis que la Politique agricole commune
(PAC) de 1992 a introduit le paiement direct par hectare de céréales, oléagineux
et protéagineux. Dans cet espace où les rendements en grande culture
sont limités, où les possibilités de diversification culturale sont rares et où la
densité de main-d'oeuvre est très faible, les exploitants ont mené de longue date
une stratégie d'agrandissement des exploitations et des parcelles de culture,
de simplification des systèmes de production. Ce schéma quasi unique de
développement est devenu particulièrement rigide et difficile à modifier. Ici,
la dépendance est triple : économique (marchés mondiaux des matières
premières agricoles reposant sur trois productions seulement), politique
ou administrative (PAC) et dépendance par rapport à un système de production
peu réversible. Quelle est la viabilité à long terme de ce système
de production éloigné des exigences actuelles exprimées dans la Loi d'orientation
agricole française de 1999, dans l'Agenda 2000 et dans l'accord de
Luxembourg de 2003 : multifonctionnalité de l'agriculture, intégration du
développement rural et agricole dans des logiques convergentes et durables ?
Cependant, sur cet espace où l'agriculture raisonnée s'est épanouie, des
tentatives existent pour créer une agriculture davantage territorialisée, à
plus forte valeur ajoutée locale, labellisée, ce qui permettrait à la fois de
réduire la dépendance extérieure, mais également de mieux articuler les
logiques du développement agricole et celles du développement rural local.