Hommes d'honneur : le destin de trois officiers d'un bataillon de parachutistes

C'est l'histoire de trois officiers, qui servirent dans un glorieux régiment : le 508<sup>e</sup> régiment de
parachutistes de la 82<sup>e</sup> division aéroportée, au sein du même bataillon, que nous allons tenter
d'évoquer dans cet album de photographies et de mémoire. L'un fut tué pendant la bataille de
Normandie, l'autre fit carrière après la guerre et devint agent spécial à la CIA, le dernier, chef de
bataillon, fit toute sa carrière dans l'armée. Nous essaierons aussi d'entrevoir la vie de ces hommes,
vétérans de la seconde guerre mondiale, que le journaliste Tom Brokaw a décrits comme «The
Greatest Generation». Ils naquirent dans la difficile période de la dépression des années trente,
grandirent en ces temps d'austérité et d'efforts et répondirent à l'appel de la nation après l'agression
japonaise de Pearl Harbor en s'engageant dans l'élite de l'armée des États-Unis.
Ces hommes issus souvent des classes défavorisées de l'Amérique, venant des fermes, des mines
ou des usines, connaissaient la sueur et le sang. Il fallait des hommes de cette trempe pour
supporter le rude entraînement des troupes aéroportées qui allaient devenir le fer de lance de
l'armée des États-Unis. Ils furent engagés par la suite dans des combats qui leur coûtèrent la moitié
de leur effectif, que ce soit en Normandie, en Hollande où dans les Ardennes.
Ceux qui eurent la chance de retourner au pays en 1946 construisirent l'Amérique d'aujourd'hui,
non pas celle caricaturée par les médias, mais l'Amérique généreuse, démocratique, courageuse et
patriotique, que j'ai eu le bonheur de rencontrer.
Ces hommes d'honneur ont voulu que leur pays devienne un grand pays, avec l'espoir que plus
jamais il n'aurait à revivre les sacrifices de la seconde guerre mondiale. C'est cette Amérique que
ces hommes bâtirent, sur les expériences des ruines de notre vieille Europe.