Correspondance et papiers d'Etat. Vol. 2. 1652-1657

"P our ce qui est de M. Talon, je n'ai pas cru
que ce fût un homme à s'y abandonner entièrement,
mais seulement à le ménager pour éviter,
dans une occasion pressante, les extrémités ; et
enfin, je l'estime du nombre des serviteurs
tièdes, qui, dans les grands coups du rétablissement
de l'autorité royale, ne mériterait pas
d'être excepté, mais duquel on peut tirer
quelque avantage tant que les affaires demeureront
en l'état où elles sont.
P our les pratiques du cardinal de Retz, Votre
Éminence sait bien que je n'en suis guère
informé, ne visitant presque personne que mes
affaires ne m'y obligent. Je puis seulement
assurer Votre Éminence que les plus éclairés du
parlement craignent la paix, voyant bien que
l'autorité qu'ils usurpent incessamment ne
peut pas se soutenir si le Roi était déchargé
d'une guerre étrangère ; et j'estime que le
Premier Président est le chef de ceux qui sont
dans ce sentiment. "