Ce que le poème dit du poème : Segalen, Baudelaire, Callimaque, Gauguin, Macé, Michaux, Saint-John Perse

Au rebours de l'usage qui consiste à produire des discours
critiques destinés à éclairer le poème de leur lumière
singulière, il est ici question de puiser dans le poème lui-même
l'énergie et la pensée de sa propre interprétation. Le pari n'est pas
neuf, et en un sens, c'est celui que tiennent toujours les grands
lecteurs de poésie. Mais à travers les détours rhétoriques dont il
est capable, chaque poème offre également une vision plus vaste,
touchant au fait poétique lui-même, à la compréhension duquel il
entend nécessairement apporter son tribut.
Ainsi en va-t-il tout particulièrement de l'oeuvre de Segalen qu'on a
prise ici comme un observatoire de la modernité poétique tentant de
se connaître, pour ainsi dire, en acte. En amont, avec Callimaque et
Baudelaire, comme en aval (Saint-John Perse, Henri Michaux,
Gérard Macé), on rencontrera les poètes dans ce milieu où la pensée
s'unit au mouvant, où, hors de toute intention théorique, elle
retrempe au sensible le regard qu'elle porte sur ce qu'elle accomplit.