Wash

Sensible, poétique, porté par une construction où
s'enchevêtrent les voix de trois personnages, un premier
roman comparé par une presse enthousiaste à Toni
Morrison et William Faulkner, qui transcende les
époques pour conter un épisode méconnu de l'histoire
de l'esclavagisme aux États-Unis.
Sa force, Wash la puise dans les voix de ses ancêtres
africains ; dans les souvenirs de sa mère, Mena ; dans les
rituels chamaniques auxquels elle l'a initié dans son
enfance ; dans les talismans qu'elle lui a légués ;
et aujourd'hui, dans ces instants volés le long de la
rivière, auprès de Pallas, esclave elle aussi, métisse et
guérisseuse.
Sa force, c'est ce qui lui a permis de survivre. Aux
humiliations de ses anciens maîtres, jaloux de sa capacité
à endurer le pire sans jamais montrer sa douleur ; aux
coups qui lui ont ôté un oeil ; au marquage au fer rouge,
sur sa joue, de la lettre des fugitifs.
Cette force, c'est ce qui l'aide à supporter que
Richardson, son maître, pour sauver la plantation d'une
ruine annoncée, l'utilise désormais comme étalon
reproducteur. Qu'il le loue chaque vendredi aux propriétaires
voisins pour féconder leurs esclaves.
Et quand sa force vacille, Wash se raccroche à Pallas
et l'écoute parler du lien qui unit maître et esclaves dans
une toile d'araignée aussi fragile qu'inévitable.