Lettres à P. Dhainaut, J. Ballard & P.-A. Jourdan

Personne, je crois, n'a songé à enregistrer Jean Malrieu
durant les longues veillées de Marseille ou de Penne-de-Tarn,
rue de Friedland, rue du Château, quand il improvisait, quand il
donnait libre cours à ses qualités de conteur : la parole, du moins
lorsqu'il se sentait mis «en confiance» lui était naturelle, facile
et abondante, d'autant plus spontanée qu'elle n'établissait
aucune hiérarchie entre les éléments qui en nourrissaient le feu
comme entre les mots, innombrables, les plus familiers, les plus
graves, l'anecdote et la méditation, le souvenir et le regard,
Delteil ou Breton, les voisins, les arbres... Ce feu se résumait
dans un rire offert au seul présent.
Est-il perdu ? Les lettres de Jean Malrieu nous en apportent,
il me semble, mieux qu'un écho. Sa correspondance est immense :
Jean Malrieu aimait écrire à ses amis.
P. Dhainaut