Chroniques de Port-Royal, n° 57. Port-Royal et l'école française de spiritualité : actes du colloque

Dans le sillage du colloque de 2001 consacré à «Port-Royal et
l'Oratoire», la Société des Amis de Port-Royal s'est interrogée l'an
dernier sur les rapports entre «Port-Royal» d'une part, et «l'École
française» de l'autre. La question est d'autant plus délicate que cette
dernière notion n'a surgi, sous la plume d'Henri Bremond, que plusieurs
siècles après la mort de Bérulle, et que les liens qui unissent
les fidèles de ces deux mouvances sont d'amitié et d'accointances
autant et plus que de confrontation. Aussi ne pouvait-il s'agir ici de
dégager des oppositions nettes, ni de dessiner des lignes de fracture
franches ; bien plutôt, les communications s'attachent à noter des
différences d'accents, des façons particulières d'articuler les mêmes
thèmes, des divergences de style aussi, qui permettent de distinguer
les port-royalistes, volontiers polémistes et vénérant le Christ médiateur,
des disciples de Bérulle, plus iréniques, attachés à l'ascétisme
et à la contemplation des «grandeurs de Jésus». Ces études précises
et minutieuses permettent de mesurer la complexité et la richesse
du paysage spirituel français du XVII<sup>e</sup> siècle, qui ne saurait se
laisser enfermer dans des étiquettes trop commodes pour n'être pas
limitatives.
Aux actes du colloque s'ajoutent, pour compléter le présent
ouvrage, plusieurs articles divers, dont une étude inédite de Philippe
Sellier sur la version amplifiée de la Vie de Monsieur Pascal.