Cahiers de droit de la santé du Sud-Est, n° 9. La constitution face au défi de la bioéthique : colloque du Palais du Luxembourg (3 avril 2008)

Les actes de ce colloque tenu au palais du Luxembourg, le jeudi 3 avril
2008, sous le patronage de M. le sénateur Claude Huriet, s'inscrivent dans
le sillage ouvert par l'initiative de M. Nicolas Sarkozy, président de la
République, de «compléter le préambule de la Constitution pour
répondre au défi de la bioéthique».
Qu'est-ce qui, de la bioéthique, pourrait s'inscrire au frontispice de la
Constitution ? Pour les juristes, il y avait deux hypothèses de travail,
clairement exprimées par le P<sup>r</sup> Bertrand Mathieu, qui a été membre du
Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage
des institutions de la V<sup>e</sup> République (dit comité Balladur) : soit on pose des
principes généraux, soit on réglemente certaines pratiques. C'est là un
débat ancien sur l'écriture de la Constitution... ouvert en 1789 et jamais
refermé depuis. Pour les uns, la Constitution ne saurait entrer dans les
détails, pour d'autres le «pouvoir constituant» doit livrer aux juges -
dont on se méfie - des références juridiques adéquates et précises.
Les intervenants à cette Journée ont renouvelé la problématique et
tracé des perspectives qui pourraient éclairer les pouvoirs publics,
à commencer par la ratification par la République française de la
Convention européenne sur les droits de l'homme et la biomédecine (ouverte
à la signature à Oviedo le 4 avril 1997). Une telle solution pourrait être
juridiquement efficace, puisque, depuis 1975, le Conseil constitutionnel
a développé un contrôle de conventionnalité qui lui permet de vérifier la
conformité des lois à nos engagements internationaux.