Raisons, comparaisons, éducations, n° 12. Littérature et éducation comparée

«Les textes littéraires, soit lorsqu'ils mobilisent explicitement des données scolaires (qui
sont évidemment multiples : souvenirs de classe, études sur une vie d'élève, réflexions
sur une existence d'enseignant, portraits divers, simples comparaisons même, etc.), soit
lorsqu'ils y font allusion, les emploient métaphoriquement et nous offrent ainsi des données
qu'il est simplement absurde de négliger.
Depuis Le petit Chose , jusqu'à La dernière classe , depuis les Désarrois de l'élève
Törless , jusqu'à La guerre des boutons , depuis le Grand Meaulnes jusqu'aux réflexions
rousseauistes qui guident L'Emile , depuis l'abécédaire de Tolstoï jusqu'à l'éducation de
Télémaque, nous disposons d'un inépuisable choix.
La littérature nous restitue les diverses facettes du rôle de l'enseignant. Autrefois, certes,
où sa responsabilité se trouvait engagée bien au-delà des murs de sa classe, mais aussi
maintenant où chacun s'interroge sur le dérèglement de l'école. L'école a besoin de
se retrouver, sans doute parce que le professeur s'en est trouvé peu à peu réduit à une
fonction d'instructeur. Sans doute les causes en sont-elles multiples, mais il convient de
travailler sur la responsabilité propre des enseignants eux-mêmes : il serait en effet tout
à fait extravagant que ceux-ci puissent être dédouanés, exonérés, de toute intervention
dans la dégradation incontestable de l'école. Les ressources doivent être mobilisées, sans
exception et, à nos yeux, la littérature y tient toute sa place.»
(Louis Porcher)