Le transfert de biens au décès autrement que par succession en droit international privé : le choix de la loi applicable aux institutions d'estate planning

Les institutions d' Estate Planning , issues des droits anglais et américain,
permettent à une personne physique de transférer un bien, à son
décès, à un bénéficiaire antérieurement désigné par lui, autrement
que par succession. L'analyse de ces mécanismes juridiques dans leur
contexte d'origine, puis la mise en oeuvre de la qualification téléologique-fonctionnelle
n'ont pas permis d'assimiler les institutions anglo-américaines à
celles de l'ordre juridique français. Pour identifier la loi qui leur est applicable,
les propositions doctrinales contemporaines ont été éprouvées. En raison
des spécificités constitutives de ces institutions d'Estate Planning - le right
of survivorship, le life interest et le contournement de la procédure de
probate -, la transposition des actuelles règles de conflits de lois est peu
pertinente : les limites du système conflictuel ont été dévoilées. La seule
voie qui pouvait encore être explorée, pour accueillir ces institutions dans
l'ordre juridique français, était celle de l'émancipation du droit international
privé du droit interne. Afin de vérifier la pertinence de l'élaboration d'une
catégorie autonome et d'un critère de rattachement qui lui est propre, il a
été nécessaire de s'interroger sur l'existence de lois de police et le contenu
de l'ordre public international. Aucun de ces procédés alternatif et correctif
de la méthode conflictuelle ne constitue un empêchement à l'énoncé
de notre proposition de règle de conflit de lois spécifique aux institutions
d'Estate Planning. Cet ouvrage comprend d'une part, des développements
théoriques - principalement relatifs au droit international privé et au
droit européen - destinés aux théoriciens du droit et, d'autre part des
développements techniques qui permettront à de nombreux professionnels
de découvrir les institutions d' Estate Planning.