Identités, filiations, appartenances

On évoque beaucoup aujourd'hui la notion de crise identitaire, allant de
pair avec de profonds bouleversements des liens sociaux et familiaux.
Pour se sentir quelqu'un, il faut pouvoir penser par soi-même, se
construire, fabriquer du sens. Mais en même temps qu'ainsi chacun
revendique la liberté, il devient de plus en plus difficile d'être soi, et de
conjuguer cette aspiration avec les nécessaires appartenances familiales et
sociales.
Dans tout ce brouillage des points de repères auquel nous assistons
aujourd'hui, le lien de filiation semble être le seul qui ait encore une
consistance. Mais lui-même est devenu un enjeu majeur, au point que dans
certains cas on vise à le supprimer (accouchement sous X), tandis que dans
d'autres, on cherche à le crier en dehors de toute règle naturelle
(revendication de certains couples homosexuels). Et ce ne sont pas les
nouvelles dispositions légales sur l'attribution du nom qui vont contribuer à
donner un peu de clarté.
Nous avons finalement les plus grandes difficultés à penser à la fois les
rapports entre les âges, entre les générations et entre les sexes.
Ces questions sont ici abordées par d'éminents spécialistes venus de
diverses disciplines toutes concernées par l'évolution de la société et des
individus. Il s'agit probablement de mieux comprendre les valeurs sur
lesquelles nous pouvons désormais nous appuyer pour imaginer la société
dans laquelle nous voulons faire vivre nos enfants.