Ma toute terre : petites proses poétiques

«La poésie est ce mystère qui la dépasse» dit
Juliette d'Arzille, poète et critique littéraire
qui nous a quittés peu avant Noël. Une vie consacrée
à la poésie, plusieurs recueils, des dizaines d'articles,
une oeuvre composée en bordure des eaux, avec la
présence discrète d'un mari tant aimé.
Ma toute terre est constitué de proses poétiques
qui sont aussi un hommage pluriel à ceux qu'elle
a admirés : Valéry, Claudel, Blake, Poe, Saint-John
Perse, d'autres encore, Bachelard, le philosophe-poète,
souvent cité à propos : «Le passé de notre
âme est une eau profonde». Célébration des éléments,
des matières, pour notre bonheur, nous invitant, avec
délicatesse, à contempler ce monde pour en découvrir
la richesse profonde, la beauté. Le poète «fait signe»,
il est l'ami, il fait de la terre un lieu d'espérance.
L'oeuvre se donne à nous (le poète donne, il ignore le
prêt) et c'est ici un tout harmonieux dans la diversité
des thèmes et des formes. L'auteure passe aisément
du vers libre au récit poétique auxquels elle intègre
ses réflexions, ses invitations.
Livret raffiné, à dessein ce mot pour celle qui
fut aussi musicienne, accompagné d'une belle
iconographie.
François Berger