L'âge d'or de l'Inde classique

Au terme du premier grand empire de son
histoire - celui des Maurya (fin IV<sup>e</sup> siècle-début
II<sup>e</sup> siècle av. J.-C.) -, l'Inde connaît,
du I<sup>er</sup> au III<sup>e</sup> siècle de notre ère, les puissants
pouvoirs des Kushâna, au nord, et des
Sâtavâhana, au sud. Mais c'est l'époque
des empereurs gupta, du IV<sup>e</sup> au VI<sup>e</sup> siècle,
qui marque l'apogée de la civilisation
indienne classique. Amina Okada
et Thierry Zéphir nous font découvrir
cette époque de tolérance religieuse
et de raffinement esthétique sans précédent.
Sous ces souverains vishnuites, bouddhisme,
hindouisme et jaïnisme coexistent en
harmonie. Les sciences se développent,
les traités esthétiques et techniques
se fixent. La littérature et le théâtre
rayonnent, servis par le génie du poète
Kâlidâsa, que l'on associe au règne
de Chandragupta II. L'art atteint alors
ses plus hauts sommets, dont témoignent
les grandioses sculptures de Mathurâ,
les effigies altières et épurées des buddha
et bodhisattva sculptés de Sârnâth ou les
peintures murales d'Ajantâ, quintessence
de l'esthétique gupta et expression majeure
du génie indien. Ces canons plastiques et ces
modèles iconographiques perdureront au fil
des siècles. Leur écho s'étendra au-delà des
frontières indiennes, du Népal à l'Asie du
Sud-Est et de l'Afghanistan à l'Asie centrale.