Napoléon et sa famille : une destinée collective

«Il eût été beaucoup plus heureux pour Napoléon de
n'avoir point de famille», aurait dit Stendhal. Chacun
de ses membres joua en effet sa partition, souvent dissonante,
dans la symphonie napoléonienne. A commencer
par Letizia, la mère omniprésente et surprotectrice. Il y a
ensuite les quatre frères, parmi lesquels Lucien, cheville
ouvrière du coup d'Etat du 18 Brumaire qui permit
à Napoléon d'accéder au pouvoir, et Joseph, l'indécis
mais fidèle jusqu'aux Cent-Jours ; les trois soeurs, enfin,
tour à tour aimantes et indociles. Et que de rivalités, de
querelles, de drames intimes ! «Cris d'amour sur chant
de guerre» semble être la règle au sein du clan. La trahison
de Caroline, l'incompétence de Joseph en Espagne, les
défections de Louis ou de Jérôme sont autant de failles qui
finiront par fragiliser le régime impérial. Mais les fêlures
ne parviennent jamais à effacer complétement l'admiration,
la solidarité, l'amour aussi...
C'est cette saga extraordinaire que retrace Eric Le
Nabour avec, en filigrane, cette question obsédante : sans
sa famille, Napoléon Bonaparte eût-il été Napoléon I<sup>er</sup> ?