La question religieuse et ses turbulences au XXe siècle : trois générations de catholiques en France

Ce livre est né d'un étonnement persistant. Les définitions
de la religion sont innombrables, mais se ressemblent
toutes : dogmes, rites, prescriptions, prière, sacrifice, sacré,
culte, etc., elles puisent dans le même vivier. Les croyances
y trouvent une place refusée aux croyants. La religion ainsi
définie n'a pas besoin des hommes : elle n'attend que leur
soumission à un ordre transcendant et à ses ministres sur
terre.
Or l'entrée dans la modernité signe le moment où tout a
commencé de basculer, où le vécu l'a emporté sur le prescrit,
où la religion est devenue pour chacun non plus affaire
de société, mais affaire de conscience et aventure intérieure,
soumise aux turbulences de l'histoire humaine, affrontée
aux interrogations qui naissent du bouleversement de notre
société.
L'Église catholique n'a pas échappé à ces turbulences tout
au long du siècle écoulé : siècle d'immenses progrès et d'effroyables
tragédies. Ce n'est pas l'histoire de son gouvernement
confronté à ces situations qui retient ici l'attention,
mais celle de personnalités plus ou moins connues qui ont
eu à les assumer au fil de trois générations en France : la
crise intellectuelle et religieuse du modernisme, le rêve
généreux et démesuré d'une reconquête, l'épreuve de la
guerre froide et des deux «blocs».
De Léon Bloy à François Mitterrand, en passant par Alfred
Loisy, Jean Baruzi, Jacques Maritain et d'autres encore,
vingt-neuf itinéraires, autant de luttes de Jacob avec l'Ange,
dont l'extrême diversité situe la question religieuse pour la
tradition catholique dans son actualité.