Savoir, agir, n° 4. La crise financière, crise de système, crise de croyance ?

Savoir, agir, n° 4. La crise financière, crise de système, crise de croyance ?

Savoir, agir, n° 4. La crise financière, crise de système, crise de croyance ?
Éditeur: Ed. du Croquant
2008125 pagesISBN 9782914968478
Format: BrochéLangue : Français

Alors que la réforme de l'assurance maladie de 2004 ambitionnait

d'être, selon son promoteur - Philippe Douste-Blazy - la dernière

du genre en comblant une fois pour toutes le trop fameux «trou de

la Sécu», une énième «modernisation» du système de santé est

annoncée pour l'automne, au moment où s'impose comme impératif

catégorique de l'action gouvernementale la réduction des déficits et de

la dette publics. À défaut d'avoir ramené ces derniers dans les clous

du Pacte de stabilité, le président de la République et son état-major

veulent ainsi démontrer aux «partenaires» européens, à la veille de la

présidence française de l'Union, leur détermination à mener à bien les

réformes de la protection sociale que réclame et vante la Commission

depuis maintenant près de quinze ans. Les rapports officiels se multiplient

- sur l'hôpital, sur les futures Agences régionales de santé,

etc. - au même rythme que les déclarations fracassantes destinées à

prendre le pouls de l'opinion sur telle ou telle mesure de déremboursement

(dernier exemple en date, le déremboursement de l'optique et des

soins dentaires). Si les tergiversations sur le détail de la réforme à venir

sont nombreuses, sa logique ne fait, elle, aucun doute : la réduction

des déficits publics pousse à transférer au marché des complémentaires

santé un nombre toujours plus grand de dépenses jusqu'alors prises en

charge par l'assurance maladie publique, au nom de la soi-disant «responsabilisation»

(financière) des assurés sociaux. Il s'agit, en effet, du

dernier levier à actionner lorsque l'on a écarté d'emblée l'accroissement

du financement public et la réorganisation de l'offre de soins, de peur

de heurter les intérêts économiques de la profession médicale et des

industries de santé. C'est donc l'assuré social qui paiera de sa poche.

Une nouvelle fois. Mobilisant des chercheurs reconnus pour leurs

travaux en sociologie et économie de la santé, ce dossier de la revue

Savoir/Agir vise trois objectifs : replacer le cas français dans le cadre

de l'épidémie de réformes qui touche tous les systèmes de santé européens

depuis les années 1990 ; faire le bilan de l'empilement des outils

et institutions destinés à «réguler» les dépenses de santé en France

depuis vingt ans ; défricher d'autres pistes de réforme, qui feraient en

sorte que «modernisation» rime avec progrès et non avec régression

de la solidarité face à la maladie.

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