58, l'expo

Rétrospectivement, les années cinquante ont l'air d'une sorte de Belle
Époque. En dépit des orages qui secouaient la planète, le principal
souci des Belges, dans les mois qui précédèrent l'ouverture de
l'Exposition, fut de savoir si l'Atomium serait terminé à temps. Il le
fut, et 42 millions de visiteurs viendront faire, sur le plateau du
Heysel, leurs premiers pas dans les temps futurs. Les messieurs, pour
l'occasion, revêtaient presque tous leur meilleur costume et les dames
portaient presque toutes un chapeau, car les moeurs et les modes de
vie n'avaient pas encore tout à fait rompu avec l'avant 1940.
Mais l'Exposition, la première manifestation de ce genre et de cette
importance dans le monde depuis la guerre, dressait aussi le bilan d'un
avenir forcément euphorique. Aucune exposition «internationale et
universelle» n'a, depuis, eu cet éclat ; 1958, c'était l'antichambre des
années soixante - les Golden Sixties - et l'annonce d'un temps où,
pensait-on, la science et la technique auraient réponse à tout.
Ce livre fait, par le texte et par l'image, le récit familier, parfois
ému, parfois ironique, toujours vivant et réaliste, d'un événement
où l'on peut voir les clés de l'histoire du XX<sup>e</sup> siècle.