Insistance, n° 8. Question sur l'universel et la diversité, psychanalyse et politique : actes du colloque des 18 et 19 novembre 2010 à l'Unesco, Paris

La notion d'une humanité universelle est une acquisition récente de l'histoire : la façon
dont elle est apparue, pour la première fois en Europe, à Athènes, met clairement en
évidence la difficulté que l'esprit humain rencontre devant cette notion ; en effet le
chemin qui conduisit les grecs à concevoir un logos universel ne les exonère pas d'un
ethnocentrisme les poussant à qualifier de «barbares» ceux qui leur apparaissaient
étrangers au logos.
Ainsi, dès qu'il fut attesté, l'universel fut en même temps contesté par la rencontre de la
diversité culturelle. L'histoire des civilisations nous enseigne que cette contradiction se
produisit répétitivement comme si le dévoilement de l'universel impliquait à chaque fois
son voilement : la pensée biblique qui s'ouvrit à l'universel par l'invention du Un se ferma
aux païens ; le christianisme se donnait comme une bonne nouvelle pour tous excepté
pour ceux qui ne croyaient pas au Christ ; la pensée hindoue concevait un homme
cosmiquement illimité mais socialement limité par le système des castes.
Claude Lévi-Strauss dans le préambule à la seconde déclaration de l'UNESCO ne met-il pas
l'accent sur le maintien de la diversité comme condition d'universalité des capacités de
création ?
Il s'agit, aujourd'hui, d'élaborer comment il est possible de penser différentes manières
d'échapper au dualisme «universel/diversité».