La philosophie captive. Vol. 3. Le temps des incertitudes

Le troisième tome de La philosophie captive, Le temps des
incertitudes , trace quelques perspectives sur les problèmes qui
apparaissent au confluent des interrogations contemporaines sur le
salut et sur le savoir, dans le contexte d'un «désenchantement» qui
fait vaciller les vérités et proliférer les différences.
Trois sortes de discours animent les voix de la civilisation
occidentale : le discours religieux , dont l'objet est le salut spirituel de
chaque individu ; le discours philosophique , dont l'objet est la quête du
sens de l'existence personnelle ; le discours scientifique dont l'objet est
la connaissance d'un ordre dans lequel les phénomènes physiques,
vivants et sociaux se nouent dans l'espace et le temps.
Or l'histoire de ces trois discours révèle que celui de la philosophie
fut, par deux fois, gravement altéré, dévoyé, et contraint par des forces
qui étaient étrangères à sa nature.
Une première fois, lorsque la philosophie fut soumise à n'être que
«la servante de la théologie», statut que lui octroyait une communauté
et une autorité extérieure à sa discipline. Une seconde fois, lorsque,
après le printemps de la Renaissance, elle fut soumise au droit de
regard que le pouvoir scientifique prétendit exercer sur elle dans les
allées ouvertes par la révolution galiléenne et newtonienne.
Ainsi, soit qu'elle serve d'appareil rhétorique à un dogme religieux,
soit qu'elle subisse l'assaut du positivisme et du scientisme, qui la
réduisent à n'être que le supplément d'âme d'une technocratie
planétaire, la philosophie se vit refuser son statut de discipline
discursive à part entière.