Athénée et les fragments d'historiens : actes du colloque de Strasbourg (16-18 juin 2005)

Si les histoires écrites par les Grecs ont presque toutes disparu, elles sont
souvent connues par le biais de «fragments» - citations, paraphrases et
allusions dues à des auteurs postérieurs, que les savants modernes ont
scrupuleusement rassemblées et qu'ils continuent d'étudier aujourd'hui. Mais,
loin de se réduire à de purs extraits, ces «fragments» portent l'empreinte de
l'auteur qui les a transmis : c'est en fonction de ses objectifs et méthodes que ce
dernier a choisi tel passage, qu'il l'a placé dans tel contexte, voire réécrit de telle
ou telle manière. L'interprète moderne ne peut donc négliger de telles
adaptations sans risquer de sérieux contresens.
C'est dans cette optique méthodologique que l'on aborde ici les
Deipnosophistes d'Athénée (II<sup>e</sup>-III<sup>e</sup> siècle ap. J.-C.) : récit d'un banquet dont les
convives échangent des citations, c'est l'un des ouvrages les plus généreux en
fragments d'historiens. Naguère considéré comme une compilation sans génie,
il apparaît bien plutôt, depuis quelques années, comme une oeuvre subtile et
concertée. Il devient d'autant plus nécessaire d'évaluer la manière dont l'auteur
a traité ses sources et, singulièrement, la connaissance qu'il peut nous donner
des divers historiens qu'il invoque.
Issu d'un colloque international organisé à Strasbourg par Dominique Lenfant
(16-18 juin 2005), ce volume situe les historiens dans la bibliothèque d'Athénée
avant d'étudier ses méthodes de citation : il confronte au texte de la tradition
directe ses références aux historiens conservés, pour élargir ensuite l'enquête aux
historiens non conservés, puis aux écrits non historiques. Par les questions de
méthode qu'il aborde, c'est une contribution essentielle à la critique des textes et
à l'interprétation des fragments d'historiens. À la croisée de champs d'étude en
plein développement, il nous plonge dans le monde des lettrés antiques et renouvelle
à bien des égards notre vision de l'historiographie grecque.
Les contributions de ce volume sont dues à Dino Ambaglio, Jan Bollansée,
David Bouvier, Christophe Bréchet, Antonio Chávez Reino, Katherine Clarke,
Virgilio Costa, Pascale Giovannelli-Jouanna, Dominique Lenfant, Edmond
Lévy, Caroline Magdelaine, Christine Maisonneuve, Gabriella Ottone, Giovanni
Parmeggiani, Pascal Payen, Luciana Romeri, Guido Schepens, John Wilkins et
Giuseppe Zecchini.