Diogène Laërce et le cynisme

Le livre que Diogène Laërce consacre aux premières
générations des Cyniques dans ses Vies et Doctrines
des Philosophes Illustres n'est ni une présentation
neutre ni une simple compilation de sources : des
deux traditions concurrentes où le Cynisme s'inscrit
- l'une qui en fait une école de pensée indissociable
à la fois d'Antisthène et des Stoïciens, l'autre qui
proclame la prééminence de Diogène le Cynique et
l'interaction qu'offrent sa pensée et son mode de
vie avec les mouvements qui le précèdent et qui lui
succèdent, Diogène Laërce entend faire triompher la
première.
Il ne peut y parvenir qu'au prix d'une construction
abusive, comme en témoigne en particulier le rôle
assigné au socratique Antisthène, dont la fonction
est de pallier la difficulté qu'il y a à intégrer le
cynisme diogénien dans la continuité d'une évolution
historique.
Le présent ouvrage, consacré au démontage
de l'interprétation que Diogène Laërce donne du
Cynisme, se présente comme une contribution
à l'étude des procédures et des enjeux de la
doxographie ancienne.