Sidney Olcott, le premier oeil : aux origines du cinéma irlandais

Juin 1910, Sidney Olcott, acteur et réalisateur
canadien débarque à Queenstown. Il ne vient pas
faire du tourisme mais tourner des films pour la
compagnie américaine Kalem. Le premier « The
Lad from Old Ireland ». L'histoire d'un jeune
paysan qui quitte sa tourbière pour aller faire
fortune aux États-Unis et qui revient quelques
années après pour sauver sa fiancée menacée
d'expulsion. Tourné en décors naturels, avec
l'aide de la population locale, ce film, le premier
tourné par un Américain sur un autre continent
est un énorme succès aux États-Unis. À tel point
que Kalem décide d'envoyer l'année suivante une
équipe complète. Les O'Kalems, comme on les
baptise en Irlande, s'installent à Beaufort près de
Killarney. En dix-huit semaines, ils mettent en
boîte onze films. Des drames contemporains sur
fond d'émigration américaine, des mélodrames
à costumes tirés de pièces à succès comme « The
Colleen Bawn » de Dion Boucicault et des histoires
de rebelles qui luttent contre l'armée britannique.
Chaque été jusqu'à la Première Guerre mondiale,
Sidney Olcott et sa troupe investissent le Kerry.
Au total ils tournent vingt-huit films dans
des conditions parfois rocambolesques. Cela
représente encore aujourd'hui, le plus gros effort
cinématographique jamais entrepris en Irlande.