Eloge des cagoles : Marseille attitude

Cousines, zizes, charmantes, nines, chichetés, gadji, mamets, cailles, quiques,
chourmettes, boudinas, cardelines, bazarettes, pacholles, parpelles, sartans,
bombasses sont autant de termes marseillais pour désigner un type de femme
ou fille du Sud qui occupe une place centrale dans le paysage méridional.
Parmi tous ces surnoms, «cagole» est le plus typique et chantant. Il ne
désigne plus comme avant les ouvrières des usines de dattes qui portaient
des cagoules pour protéger leurs cheveux. Il nous parle de ces belles
audacieuses à la «tchatche» insolente, qui se promènent «traaanquilles»
sur les ports de la côte. Si un oeil non averti s'étonne devant si peu de carcans
et tant de couleurs, les cacous, eux, leur lancent des regards
dragueurs, malicieux et bienveillants.
Que ce soit au stade, entre copines ou avec les hommes, elles sont drôles,
chaleureuses, mais surtout ne se laissent pas faire. Qu'elles soient de
Marseille, Aix, Toulon, Bandol ou Gardane, elles sont fières de leur ville et
la représentent avec tous leurs atouts et tout leur amour.
Ces «déesses de la rue», selon le chien Saucisse, reçoivent aussi
l'hommage taquin et affectueux des principaux cacous du cru :
David Abiker, Philippe Carrese, Patrick Coulomb, Gilbert Collard,
Jean-Paul Delfino, René Frégni, Franz-Olivier Giesbert, Yves Pujol,
Serge Scotto et François Thomazeau.
Il était temps de rendre hommage à ces femmes sexy, sympathiques et
libérées qui n'ont pas fini de faire parler d'elles ...