La dénonciation

La déroute de l'armée française marque le début des
humiliations perpétrées par l'Allemagne nazie. Mais pour
Julia, c'est aussi le temps des retrouvailles, avec son mari
Léon d'abord, avec son frère Pierre ensuite ; tous deux étaient
au front depuis un an. Ce bonheur, hélas ! est de courte durée
car les deux hommes se détestent de longue date. Tandis que
Léon rachète le café La Chope , véritable repère de collabos,
Pierre reste auprès de son père pour s'occuper de la ferme.
Mais la haine entre eux, exacerbée par une période où toute
prise de position devient dangereuse, ne cesse de croître.
Jusqu'où les mènera-t-elle ?
Pierre assenait de violents coups de poing sur la table
pour renforcer son propos. «Ton Pétain, c'est un soldat de
carnaval, moi je te le dis ! Tout ce qu'il a c'est une voix de
chèvre ! Ça suffit pas pour arrêter les Frisés. La preuve :
ils sont là !» Léon, debout, répondait en pointant le doigt
vers Pierre : «Tu me fais rire ! En tout cas, ce soldat
de carnaval a su mettre un terme à la guerre !»