La Gâtine n'est pas à vendre : non aux déchets nucléaires ! : un opposant raconte

La gâtine n'est pas à vendre
Non aux déchets nucléaires !
Un opposant raconte
Vendredi 21 février 1987, c'est l'hiver, il fait froid, les routes sont verglacées.
Il est 8 heures, la sonnette d'entrée retentit chez Mme Yvonne Limoge, maire de l'Absie - c'est la gendarmerie.
- Que se passe-t-il pour vous voir de si bon matin ?
- Mme le Maire, vous êtes convoquée cet après-midi à la sous-préfecture, présence indispensable.
- Vous ne croyez pas que je vais prendre la route par un temps pareil !
- Mme Limoge, nous sommes chargés de vous y emmener.
Les maires des communes de Largeasse, Pugny, Neuvy-Bouin, Le Breuil-Bernard, Secondigny, Trayes, Vernoux-en-Gâtine, La Chapelle-Saint-Étienne, sont également convoqués. Présence impérative !
Que se passe-t-il donc ? La surprise est de taille. M. le Préfet annonce que les neuf communes sont choisies pour un projet d'enfouissement de déchets nucléaires, avec des milliards à la clé. Dès le lendemain, la nouvelle fait la Une des journaux. La population est sous le choc.
Le lundi 24 février, 50 personnes se retrouvent pour créer le « Comité intercommunal d'action de défense et de promotion », le CIAD, qui va, pendant trois années, mener la lutte contre l'enfouissement.
Cette lutte, menée conjointement avec l'association « Granit », a eu des résonances nationales et internationales.
Le 9 février 1990, dans la soirée, la nouvelle tombe dans les mairies : Michel Rocard, Premier ministre, annonce un moratoire d'un an sur les quatre sites : Neuvy-Bouin, en Deux-Sèvres , Montcornet, dans l'Aisne ; Le Bourg-d'lré, en Maine-et-Loire ; Saint-Julien-Reyssouze, dans l'Ain.