Pour un consensus entre foi et raison face à l'angoisse du mal

N'étant plus soumis au pouvoir d'un Dieu suprême créateur, l'homme
peut tout faire car il a le dernier mot sur tout. Glorieuse liberté de
l'homme ! Et pourtant cette liberté, cette puissance autonomique
et pharaonique de l'homme aura révélé l'autre face tragique de la
révolte contre l'idée d'un Dieu bon et puissant. Une révolte qui aura
conduit au pire mal absolu : le meurtre de son semblable. La mort
a donc perdu de son caractère naturel, elle n'est plus un fait naturel
et biologique, mais elle est devenue un fait imposé par l'homme à
l'homme. Autrement dit, dans ce combat pour l'affirmation du moi ,
le plus grand vainqueur, le maître du monde, le maître absolu de
demain, c'est la misère du monde. L'homme s'est révolté contre Dieu
parce que l'injustice subie était incompatible avec l'idée d'un Dieu
tout-puissant et bon ; ce Dieu a été mis de côté voire interdit de séjour
sur la Terre, mais la misère demeure. L'homme ne peut donc s'en
tenir à la révolte contre la vie et contre Dieu, il lui faut une révolte
contre la résignation face à cette misère.