Droit et marchandisation de la connaissance sur les gènes humains

Nous entrons dans l'ère post-industrielle : aux côtés de l'économie de l'information se
dessine une économie de la connaissance qui propulse la recherche fondamentale dans la
sphère marchande. Cette mutation s'accompagne d'un remaniement des concepts juridiques à
l'aune d'une politique scientifique fondée sur la concurrence et la rentabilisation des coûts.
La recherche en génétique est sans doute le domaine où s'exposent le plus
clairement les interactions droit-économie induites par cette nouvelle donne. En effet,
se constitue autour de la connaissance sur le gène humain devenue marchandise, un
secteur aux allures d'ordre scientifico-concurrentiel. Le droit est partie prenante de
cette évolution puisqu'il offre au secteur émergent tous les outils juridiques nécessaires
à son développement.
Cette étude présente les risques liés à cet état du droit : atteintes à la liberté de la
recherche, appropriation de la connaissance, abandon d'une conception du droit
comme lieu indépendant et maître de l'intérêt général au profit d'une attitude de
suivisme et de gestion purement pratique des usages dominants. La vision transdisciplinaire
ici offerte (droit et bioéthique, bien sûr, mais aussi économie et sociologie de
l'innovation) dépouille le débat des entraves idéologiques et des faux-semblants qui
l'obèrent sur le plan scientifique, éthique, politique et même économique.
En proposant une alternative, par la mise en place d'une autorité de régulation, à
l'économisme ambiant, sans tomber dans le refus éthique catégorique, l'ouvrage invite
scientifiques et juristes à poursuivre un travail d'imagination plus novateur dans le but
de préserver le développement des sciences du vivant, spécialement du vivant humain,
dans le respect de l'Homme.