Le dernier roi de l'Atacama

Planté dans le désert le plus aride de la planète,
aux portes de l'empire inca, collé à la frontière
bolivienne dont il est séparé par une chaîne
volcanique en activité et un passé historique
tendu, le village chilien de San Pedro n'a rien
d'un paradis. Du moins jusqu'à l'arrivée
du Belge Gustave le Paige.
Le missionnaire jésuite pose ses malles dans
la maison paroissiale de San Pedro le 26 mars
1955. Un mois plus tard, il «gratte» déjà le sol
de la région. L'archéologie chilienne prenait son
envol. Et avec elle, la découverte d'une civilisation
oubliée : la culture atacamène.
L'oeuvre du Père le Paige est assurément scientifique
et culturelle. Les trésors archéologiques inlassablement
exhumés tout au long des 27 années passées
à San Pedro - 360.000 pièces au bas mot - sont
aujourd'hui conservés dans un musée qui porte
son nom. Chaque année, il attire des milliers
de curieux.
L'empreinte laissée par le jésuite belge dans
l'Atacama est aussi sociale. Ses découvertes
ont systématiquement été l'occasion de réclamer
aux autorités de nouveaux moyens pour améliorer
la vie des populations locales, faciliter leur quotidien
et leur rendre une identité, une Culture.
Trente ans après son décès, le «Padre Gustavo»,
originaire de Liège, est devenu une figure
emblématique du Chili. Entre vie pastorale
et curiosité scientifique, entre intrigues socio-anthropologiques
et accointances politiques,
sur fond d'andinisme extrême, ce livre retrace
l'itinéraire d'un homme qui en vouant sa vie
à Dieu a surtout fait progresser la cause
de l'Homme dans un des endroits les plus
inhospitaliers de la planète. Au point de devenir,
indiscutablement, «le dernier roi de l'Atacama».