Droits de l'homme et justice constitutionnelle en Afrique : le modèle béninois : à la lumière de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples

Que vaut une justice qui ne peut protéger les démunis contre
les forts et les puissants ? N'est-il pas dit que le juge est le
protecteur de la veuve et de l'orphelin ? Si le juge ne peut rétablir
l'équilibre entre la victime et son bourreau, son office est vain.
Témoins des étés d'engouement qui se sont succédé dans
l'Afrique d'après les conférences nationales, les citoyens
africains, dévoyés, se substituent à la justice formelle en forçant
des printemps trop longtemps réfrénés. En Afrique, la protection
constitutionnelle des droits de l'homme et des libertés
individuelles est indissociable d'avec les préceptes de la Charte
africaine des droits de l'homme et des peuples.
Le Bénin, boîte à génies de renommée, s'est illustré par la
conclusion d'un contrat constitutionnel dont la Charte africaine
est bénéficiaire de la clause léonine. L'érection, aux termes du
même contrat, d'une Cour Constitutionnelle à la fois gardienne et
garante a ouvert devant les victimes un boulevard d'espérances.
Vingt ans après, le juge constitutionnel béninois a-t-il pu apaiser
la soif des victimes qui ont parfois perdu un 'projet de vie' ? Les
sept sages de Cotonou ont-ils pu infuser dans le quotidien des
Béninois la lettre et l'esprit de la Charte de Banjul ? Ont-ils pu
rétablir les équilibres entre les victimes et leurs bourreaux ?