Dombes d'hommes et d'oiseaux

S'arrêter quelque part au bord d'un étang, le matin ou
le soir. Après la théorie, loin de la rumeur, aborder
enfin les travaux pratiques, réapprendre à regarder et
à voir, à écouter et à entendre. Tenter de comprendre
pour mieux pouvoir, plus tard, transmettre, montrer,
enseigner les lois qui régissent l'équilibre de l'étang,
certes millénaire, mais ô combien fragile, de plus en
plus... Douter, remettre en question ce que l'on croit
si bien connaître. Se laisser guider dans la patiente
approche du photographe doublé du naturaliste, mû
par la récompense futile, éthérée, désormais numérique
de l'image. De celles qui prouvent que la leçon a été
bien apprise, que la maîtresse a su se sublimer : le
blongios dans l'enchevêtrement du roseau, la locustelle
en son sommet. Que sont donc ces deux-là ? Quelle est
leur histoire et comment sont-ils devenus à la fois si
proches de nous, et si éloignés de nos préoccupations
quotidiennes ? Le travail de mains âpres à claver l'argile
et trier le poisson nous en a rapprochés. Les mêmes
mains et les mêmes passions peuvent nous en
éloigner. De l'homme et de l'oiseau, lequel, ici,
dans cette terre de passions, a précédé l'autre ?
Un lien puissant unit le Dombiste à son
étang, et l'étang à l'oiseau, dans une union
rare, une alchimie unique en notre pays. Le
monde change, la Dombes avec lui. Et la
biodiversité est devenue l'enjeu, la clé...